L’échelle de Beaufort de la dispute : cochez ce qui s’est passé la dernière fois que vous vous êtes disputés. L’instrument donne une force de 0 à 12 — la même échelle que celle du vent — et le protocole qui correspond à cette force. Rien n’est enregistré.
Le protocole à cette force
Un désaccord qui s'est réglé tout seul. Rien à faire — sauf noter, ce soir, ce qui a permis que ça retombe : c'est votre protocole qui s'écrit.
Pourquoi une échelle de Beaufort pour les disputes de couple
Parce qu’on traite presque toujours une dispute de couple comme si elle était grave, ou comme si elle ne l’était pas — et qu’on se trompe dans les deux sens. Une porte qui claque un mardi soir n’est pas une crise ; un sac fait dans l’entrée n’est pas « une dispute de plus ». L’échelle de Beaufort donne au vent treize forces, de la mer d’huile à l’ouragan, et chaque force appelle une manœuvre différente : on ne prend pas un ris par force 2, on ne sort pas le spi par force 8. Nous avons fait la même chose avec nos disputes, sur le bateau, après avoir constaté qu’on répondait à tout de la même façon — trop fort pour les petites, trop tard pour les grosses.
Ce que mesure l’instrument, et ce qu’il ne mesure pas
Les douze cases décrivent des faits observables : quelqu’un a haussé le ton, un tiers était présent, on a dormi séparés. Elles ne demandent pas qui avait raison, ni ce que vous ressentez. C’est voulu : deux personnes qui se sont disputées ne sont jamais d’accord sur le tort, mais elles le sont presque toujours sur les faits — la porte a claqué ou n’a pas claqué. Cochez à deux si vous pouvez : le chiffre sera le même, et c’est déjà une chose sur laquelle vous êtes d’accord.
L’instrument ne mesure pas la gravité du sujet. Une dispute de force 3 sur l’argent du ménage peut être le début d’une crise longue ; une dispute de force 9 sur la vaisselle peut n’être que de la fatigue. La force dit comment traiter cette dispute, maintenant. Le sujet, lui, se traite à froid, plus tard, avec le budget à deux ou le tableau de quart quand il s’agit d’argent ou de charge.
Le protocole, force par force
| Force | Nom | Ce qui s’est passé | Ce qu’on fait |
|---|---|---|---|
| 0 à 2 | calme à légère brise | le ton est monté, une porte a peut-être claqué | 20 minutes chacun de son côté, puis on reprend là où c’était calme |
| 3 à 5 | petite à bonne brise | tard, devant un tiers, un vieux dossier, quelqu’un est sorti | un seul sujet, jamais après 22 h, personne ne sort sans donner l’heure de retour |
| 6 à 8 | vent frais à coup de vent | silence jusqu’au lendemain, le travail est entré, un mot regretté | deux cafés le matin, le sujet pro sort de la chambre, le mot est rendu à voix haute |
| 9 à 11 | fort coup de vent à violente tempête | dormi séparés, quatrième fois du mois, « je vais partir » | 48 heures sans décision, une conversation à terre, le journal de gros temps, un tiers si besoin |
| 12 | ouragan | un sac a été fait | ce n’est plus une dispute : un professionnel, pas un protocole |
Le détail de chaque force — les gestes, les phrases, les erreurs à ne pas faire — tient dans les soixante-quatre pages d’Avis de tempête. La page Dispute de couple : que faire donne la version courte, gratuite.
Combien de fois on se dispute, et est-ce que c’est normal
Une enquête britannique reprise par toute la presse française compte 312 disputes par an, soit six par semaine ; des sondages français donnent une fourchette plus basse, une à trois par semaine pour la majorité des couples. Le chiffre qui compte n’est pas celui-là : c’est la force moyenne. Six disputes de force 2 par semaine, c’est un couple qui se dit les choses. Une dispute de force 9 par mois, c’est un couple qui les garde. Le vrai chiffre, étude par étude fait le point.

