Où en êtes-vous ?
Un couple qui travaille ensemble ne manque pas d'amour, il manque d'instruments
Vivre et travailler en couple, c’est partager la même personne au petit-déjeuner, en réunion, à table et dans le lit — sans jamais la porte qui, chez les autres, sépare le bureau de la maison. Ce n’est pas plus difficile que le reste ; c’est différent, et personne ne l’apprend. Le client dont on reparle en cuisinant, l’argent de la boîte qui devient l’argent du couple, la dispute professionnelle qui suit jusque dans la chambre : tout se mélange, et le mélange finit par coûter l’un des deux. Nous l’avons payé une fois chacun, dans nos vies d’avant. La deuxième fois, sur douze mètres de bateau, nous avons cherché des instruments plutôt que des recettes — de quoi mesurer une dispute, un budget, une charge, un signal, avant de décider quoi en faire. Ils sont là, gratuits, et ils tiennent dans un téléphone.

La rose des vents
Vivre et travailler en couple : huit caps, un par question
Survolez un cap : l’aiguille se tourne, et la rose dit où il mène. Cliquez pour le prendre. Chaque cap conduit à une page pilier ou à un instrument — jamais à une liste d’articles en vrac.
- N Ça tangue Le protocole des disputes
- NE On ne se comprend plus Décoder ce que l'autre dit
- E Qui paie quoi ? Le budget à deux, au prorata
- SE Qui fait quoi ? Le tableau de quart de la semaine
- S On veut bosser ensemble Les règles du bord
- SO Les enfants d'avant Vivre à deux avec les vies d'avant
- O Ça dure depuis des mois La crise longue
- NO On débute Avant d'embarquer ensemble
Les huit caps ne sont pas des rubriques : ce sont les huit questions qu’on nous pose le plus souvent à bord, dans l’ordre où elles arrivent en général — d’abord « ça tangue », ensuite « on ne se comprend plus », puis l’argent et les tâches, et enfin les vies d’avant. Si la vôtre n’y est pas, le bulletin de quart, en bas de page, en prend une nouvelle chaque dimanche.
La marée des chiffres
Ce que les enquêtes disent des couples, à marée haute
- 3 h 26de tâches domestiques par jour pour les femmes en couple, contre 2 h 00 pour les hommesenquête Emploi du temps
- 3 sur 4couples de 30 à 54 ans où les deux conjoints travaillentFrance, portrait social
- 11 %des enfants vivent dans une famille recomposéerecensement
- 312disputes par an dans un couple, soit six par semaineenquête britannique
- 45divorces pour 100 mariages : la deuxième fois, on choisit avec des règlesindicateur conjoncturel
Enquête Emploi du temps de l'INSEE, recensement, indicateur de divortialité, enquête britannique reprise par la presse française.
Travailler à deux
Les règles du bord pour travailler en couple
Travailler en couple ne se décide pas le jour où l’on signe les statuts ou le jour où l’un rejoint l’entreprise de l’autre : ça se décide avant, par des règles posées à froid pour qu’elles tiennent à chaud. Nous en avons sept. Elles ne parlent pas d’amour, elles parlent d’heures, de pièces et de comptes — parce que c’est là que ça casse, dans cet ordre : d’abord le temps, ensuite l’espace, enfin l’argent.
- Une heure de fin de journée, la même toute la semaine, et l’ordinateur qui se ferme à cette heure-là — pas « quand j’ai fini ».
- Un lieu où le travail s’arrête : la chambre, chez nous le cockpit après 19 h. Le dossier client n’y entre pas, même en une phrase.
- Deux revenus fixes versés par la structure le même jour du mois, et c’est cet argent-là qui entre dans le budget du couple — jamais le chiffre d’affaires.
- Deux tableaux de quart, celui de la maison et celui de la boîte, et les deux totaux qu’on regarde ensemble : les heures de la maison ne se facturent pas, elles comptent quand même.
- Un rendez-vous de bureau hebdomadaire, avec ordre du jour, pour les sujets professionnels — et l’interdiction de les ouvrir ailleurs.
- Un rôle chacun sur chaque dossier : celui qui décide, celui qui exécute. Deux décideurs sur un même sujet, c’est une dispute par jour.
- Un jour par semaine sans travail commun, où chacun fait ce qu’il veut, y compris rien, y compris ailleurs.
Les règles du bord, en détail Tous les textes sur travailler à deux

Le journal de bord
Les dernières entrées, cap par cap
Tout ce qui s’écrit ici est daté et signé, comme une entrée de journal de bord : l’heure, le cap, l’état de mer — c’est le temps de lecture — et les initiales de celui qui tenait le quart. Quatre caps principaux : les disputes et les crises, ce que l’autre dit vraiment, le travail à deux, et le quotidien.
Gros temps
Comment désamorcer une dispute de couple avant qu’elle ne prenne
Message après une dispute de couple : douze qui réparent, douze qui aggravent
Dispute de couple : que faire pendant, et surtout juste après
Se comprendre
« On ne se comprend plus » : ce que la phrase cache, et par où on recommence
Couple et argent : les six erreurs qui coûtent plus cher que l’argent
Charge mentale dans le couple : la mesurer en heures, puis la répartir
Travailler à deux
Quelle est la formule du couple moteur ?
Apprendre le piano seul : est-ce vraiment possible ?
Quelle est la règle des 3 c et comment l’appliquer au quotidien ?
Vivre à deux
Comment une femme peut-elle ressentir un plaisir intense ?
Qu’est-ce qui différencie l’amour de la passion?
Le bi-couple : Quels défis et joies pour une relation non-conventionnelle ?
Le guide · signal N·C
Avis de tempête : traverser les engueulades sans chavirer
Une dispute de couple se conduit comme une manœuvre par gros temps : un ordre, un rôle chacun, une fin décidée avant de commencer. Soixante-quatre pages pour ça — l’échelle de Beaufort de la dispute et son protocole force par force, les sept gestes du bord, les quarante-huit heures d’après, les douze messages qui réparent et les douze qui aggravent, le journal de gros temps à remplir. Écrit là où personne ne peut aller prendre l’air, et vérifié tous les jours.

Se comprendre
Communication dans le couple : trois signaux lus de travers
La plupart des problèmes de communication dans le couple ne viennent pas d’un manque de mots — on se parle toute la journée — mais d’un décodage raté : on répond à la phrase au lieu de répondre au signal qu’elle porte. En mer, quand la voix ne porte pas, chaque pavillon a un sens fixé une fois pour toutes. Nous avons donné un pavillon à chacune des vingt-six phrases du quotidien qui ne veulent pas dire ce qu’elles disent. En voici trois ; le décodeur donne les autres.

Les instruments
Mesurer avant de décider : les instruments du bord
Un bateau se conduit aux instruments : on ne devine pas la force du vent, on la lit. Un couple qui vit et travaille ensemble a besoin de la même chose, parce que quand on est à bout, se parler est précisément ce qu’on n’arrive plus à faire — alors qu’un chiffre ne se vexe pas. « Tu ne fais rien à la maison » déclenche une dispute ; « 31 heures contre 14 » déclenche une décision. Six instruments, gratuits, en moins de cinq minutes chacun, et rien de ce que vous y entrez ne quitte votre téléphone.
- L’échelle de Beaufort de la dispute — douze cases, une force de 0 à 12, le protocole qui va avec.
- Le décodeur — vingt-six phrases, ce qu’elles signalent, ce qu’on répond.
- Le budget à deux — qui paie quoi au prorata, et ce qui reste à chacun pour vivre.
- Le tableau de quart — dix-huit quarts de la maison, les heures de chacun, ce qui doit changer de main.
- Le simulateur de solidité — quinze questions, un état de mer.
- Le test des langages — trente paires, cinq langues, et la sixième.
Vivre à deux
Sept conseils du bord pour vivre en couple à plein temps
Ce ne sont pas des conseils de bien-être ; ce sont des règles de bord, apprises sur douze mètres partagés 365 jours par an, et qui tiennent aussi bien dans un appartement. Elles ont en commun de porter sur des heures, des lieux et des gestes — jamais sur des sentiments, qui ne se commandent pas. Chacune a été écrite après une dispute, pas avant : c’est ce qui les rend applicables.
Le port, 21 h, les ordinateurs fermés depuis deux heures- Le premier réveillé prépare deux cafés. C’est le geste avant les mots, et il compte double le lendemain d’une dispute : on ne parle pas encore, mais la tasse est là. En six ans, il n’a raté que deux matins, et les deux fois on s’en est souvenu.
- Rien ne se règle après 22 h. Passé cette heure, la fatigue fait dire des choses qu’on ne pense pas et entendre des choses qu’on n’a pas dites. Ce qui n’est pas réglé attend 8 h, café en main — et on reprend vraiment à 8 h, sinon la règle ne vaut rien.
- Un seul sujet par dispute. Le vieux dossier qui remonte n’a rien à faire là ; il attend son tour, avec une date pour l’ouvrir. Une dispute qui ne porte que sur son sujet dure une heure ; une dispute à trois dossiers dure une nuit.
- Personne ne quitte le cockpit sans dire à quelle heure il revient. Sortir prendre l’air est sain ; disparaître sans heure est une deuxième dispute. « Je reviens à 20 h » suffit, et l’autre ne suit pas.
- Du temps seul, protégé par l’autre. Pas du temps seul arraché en culpabilisant : du temps que l’autre défend pour vous. Chez nous, un jour par semaine où chacun fait ce qu’il veut, y compris rien, y compris ailleurs. C’est ce qui rend les six autres jours possibles.
- Les vies d’avant ont leur place, et elle est dite. Les enfants qui arrivent le vendredi, l’ex qui appelle, la maison de l’autre : rien de tout ça ne se règle en le taisant. On décide à deux ce qui se décide à deux, et on dit clairement ce qui ne se décide pas à deux.
- On mesure avant de décider. Le budget, la charge, la force de la dernière dispute : un chiffre sur la table transforme un reproche en décision. C’est la règle qui a rendu toutes les autres possibles, et c’est pour ça que les instruments sont sur ce site.












