Comment risquer l’asphyxie dans le couple ?

Eviter les “risques d’asphyxie” et garder vivante la “magie” du couple et  demande un effort au cours duquel nous devons accepter de tirer des leçons de notre vie commune et prendre le temps de nourrir la relation qui nous unit à notre conjoint.  Dans une série d’articles nous allons aborder les risques qui jalonnent le chemin de la vie d’un couple et le mettent en péril, ainsi que les erreurs souvent commises quand on veut travailler ensemble,  pour mieux s’en préserver.  

 

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Il est assez amusant de voir les réactions des gens lorsque je parle de nous qui travaillons en couple. Certains disent « c’est génial ! », « ça doit être sympa », « quelle chance », mais vous en avez aussi qui s’exclament d’un air ahuri “Oh, quelle idée !”, ou “Ah, sûrement pas pour moi, avec le caractère de mon conjoint ce serait impossible !” ou encore “tout mais pas ça !”… j’en passe et des meilleures, comme si finalement travailler en couple relevait de l’exploit !

C’est vrai, travailler en couple ne s’improvise pas et ne se décide pas à la légère. Vivre en couple n’est déjà pas un long fleuve tranquille, alors pour oser travailler en couple, c’est toute une aventure qui demande quelques précautions pour durer avec bonheur.

Il est indispensable de comprendre d’emblée que travailler en couple c’est vivre encore plus dans la complexité. Effectivement, pour une personne il n’existe déjà pas de règle absolue qui régisse l’équilibre vie privée – vie professionnelle. Mais dans le cas du couple, cet équilibre est particulièrement fragile dans la mesure où vous travaillez avec votre conjoint ! Mais commençons par parler du “couple” en général, dans sa vie quotidienne.

Pourquoi parler de “risque d’asphyxie dans le couple” ?

Pour ne plus être seul il faut être deux, mais pour être deux il faut arrêter de ne vouloir faire qu’un.  (auteur inconnu)

C’est bien connu, pour briser la solitude, il faut être deux : 2=1+1. Mais l’un des grands risques du couple est celui de l’asphyxie dans la “fusion” en ne voulant faire “qu’un” donc dire : 1+1= 1. Le couple est tellement soudé, l’un tellement attaché à l’autre, que les amants ne peuvent rien faire l’un sans l’autre, vivent l’un pour l’autre, pensent l’un pour l’autre voir à la place de l’autre, comme une évidence.

J’ai rencontré un couple de ce type fusionnel récemment et qui m’a inspiré cet article. D’une quarantaine d’années chacun, ils ne se sont jamais séparés depuis leur union voilà plus de 15 ans. Ils s’appellent plusieurs fois dans la journée sur leurs lieux de travail, simplement pour se rassurer et entendre le son de la voix de l’autre. Ils paniquent dès que l’un rentre de son travail avec 10mn de retard, ils n’imaginent même pas faire les courses seuls et les disputes conjugales sont très rares…Un rêve ?

Quel est le risque ?

Il est dans une dépendance vitale à l’autre, dans une perte d’identité individuelle : L’un n’existe plus sans l’autre. « Je » n’existe pas sans « Toi ». Le « Nous » prédomine. La « lune de miel » est cette période de fusion qui permet la création du « Nous », période pendant laquelle « je » n’existe plus. On dit « Je t’aime parce que j’ai besoin de toi » au lieu de dire « j’ai besoin de toi parce que je t’aime »…

Certes, quand on est jeunes mariés (ou pas), en tous cas au tout début de la relation nous vivons tous ces temps de grâce où nous nous sentons tellement liés l’un à l’autre que la moindre séparation fait presque mal. C’est le temps où l’on se sent si bien ensemble, enfin « complet », heureux enfin d’avoir trouvé « sa moitié ». C’est le scénario positif pendant lequel nous sommes en parfait accord, baignant dans une douce et tendre chaleur, dans la protection l’un de l’autre. Nous ne faisons plus qu’Un. Scénario très positif qui peut durer des mois, voir des années.

Contrairement à ce que l’on  croit, « ne faire plus qu’un » n’est pas preuve d’amour ! Dans cette phase égocentrique, on ne fait qu’utiliser l’autre pour combler ses propres carences : « je m’aime parce que tu me regardes avec ses yeux là ». Ce que l’on aime c’est ce que l’autre renvoie de nous, une sorte de miroir où nous pouvons nous aimer.

Signe d’une immaturité affective qui annonce une dépendance, l’autre est utilisé alors comme une drogue : « Sans toi je n’existe plus ». Mais un couple fusionnel ne fonctionne pas sur l’égalité : l’un se nourrit de l’autre, de son énergie. A terme, il y a risque de développer des pathologies allant parfois, dans des cas dramatiques, plus rares heureusement, jusque au décès de l’un des conjoints.

Dans son rapport à son environnement, un couple fusionnel est isolé,  tellement tourné vers lui-même que l’entourage n’existe pas. « Les amoureux sont seuls au monde » dit-on parfois. Oui, mais  les répercussions peuvent être graves sur les enfants du couple qui ne trouvent pas leur place dans cette relation. Certains s’en retrouvent rejetés, voir abandonnés.

Vous pouvez imaginer que travailler en couple dans ces conditions de “fusion” est tout simplement hyper-risqué car la question qui se pose (ou se posera) est  : qui est aux commandes ? Qui fait quoi ? Quelle est la place et le rôle de chacun ? etc.

Le meilleur de la relation peut virer au pire lorsque soudain,  un « grain de sable » vient enrayer le bon fonctionnement de la machine au risque de la faire exploser. Le risque émerge dans une sensation parfois soudaine « d’asphyxie » et l’envie “d’aller voir ailleurs” pour changer d’air et respirer, seul(e) à nouveau, dans un sentiment de liberté. Le bonheur fait place à la souffrance dans cette “fusion” où chacun risque d’avoir du mal à se préserver un espace intime, parfois secret,  indispensable à son épanouissement personnel et professionnel.

Comment en sortir ? Comment échapper au risque d’asphyxie ?

En “grandissant” ! La maturité c’est donc accepter d’être « séparés », d’être différents l’un de l’autre, d’être un individu autonome, dans une identité qui est la sienne. C’est vivre le détachement avec la nécessaire obligation, pour accepter sa solitude existentielle, de se sentir bien avec soi. C’est aimer l’autre comme il est. Accepter ses imperfections pour ce qu’elles sont permet d’accepter ses propres imperfections.  Comprendre que « Je ne suis pas là pour faire son bonheur et il n’a pas besoin de moi pour faire son bonheur »  permet de poser les fondations et construire sur du solide.

Souvenez-vous que la meilleure des relations est celle dans laquelle l’amour que chacun porte à l’autre dépasse le besoin que vous avez de l’autre.  Dalaï Lama

Pour en sortir il est donc indispensable de prendre conscience et de poser franchement le problème avant qu’il n’explose, non pas comme une plainte, mais comme un nouveau mode de fonctionnement à trouver ensemble. C’est même la meilleure façon d’avancer ensemble. Le tout est de savoir se parler et que l’autre puisse écouter et comprendre. L’important est de préserver le lien qui unit…Tout un apprentissage relationnel que nous verrons ensemble, dans l’Intelligence de Soi©.

Vivre et travailler en couple impose donc une grande vigilance sur les règles du jeu à mettre en place et sur les limites que l’on assigne aux deux univers individuels. Ainsi tel couple décide de s’interdire de parler de travail à la maison, tel autre préserve pour chacun une liberté de loisirs ou de sorties amicales entre copains ou copines, etc. Mais cela ne suffit pas… il s’agit de trouver un mode de vie qui préserve la relation et pour cela nous verrons plus en détail le “comment” par la suite.

Ce que vous devez retenir

L’amour seul ne suffit pas à cimenter une relation de couple. Pour éviter l’asphyxie, vivre et travailler en couple requiert de savoir vivre seuls et à deux ! Ce qu’il est important de retenir ici est que chacun doit pouvoir “respirer” librement dans une sphère qui lui est tout à fait personnelle. Il s’agit d’établir ensemble une relation de partenariat amoureux , de faire de la relation de couple une co-entreprise. Condition indispensable pour régénérer sa capacité à s’inscrire dans une relation de couple à la fois privé et professionnel, avec ses aléas, ses erreurs, ses facteurs de stress et ses tensions. C’est ce que je souhaite vous transmettre au fil des parutions sur ce blog.

Plus concrètement, Vivre et travailler en couple mérite de prendre le temps de se poser pour y réfléchir à deux  pour votre plus grand bénéfice :  l’harmonie et la pérennité de votre couple…et la réussite de votre entreprise !

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